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COMPTANT PARMI LES RARES FRANÇAIS CEO D’UNE ENTREPRISE AMÉRICAINE COTÉE À WALL STREET, FRÉDÉRIC CUMENAL (SCIENCES PO, ESSEC, HARVARD) AIME L’AFFIRMER, NON SANS HUMOUR, À SES ÉQUIPES « I’M THE ULTIMATE NEW YORKER ». PORTÉ PAR L’ESPRIT DE CETTE VILLE DE TOUS LES POSSIBLES ET PAR LE FORMIDABLE ÉLAN DE CRÉATIVITÉ QUI IRRIGUE L’UNE DES PLUS GRANDES MAISONS DE LUXE AU MONDE, CE FRENCHY À LA TÊTE DE TIFFANY ÉCRIT AVEC SES ÉQUIPES LES NOUVELLES PAGES DE L’HISTOIRE D’UNE ENSEIGNE ICONE DES FEMMES DU MONDE ENTIER. RENCONTRE.

FRÉDÉRIC CUMENAL (SCIENCES PO, ESSEC, HARVARD) © Martin Crook

FRÉDÉRIC CUMENAL (SCIENCES PO, ESSEC, HARVARD) © Martin Crook

 

 

TAILLÉ POUR L’UNIVERS DU LUXE
Conscient de l’importance de cultiver très tôt ses capacités analytiques, sa culture générale et sa curiosité, Frédéric Cumenal a fait du travail en équipe et de l’émulation des connaissances le fil conducteur de ses études. Les diplômes de Sciences Po et de l’ESSEC en poche, il s’est naturellement dirigé vers le secteur de la grande consommation et a rejoint les équipes de Procter & Gamble. « Dans les années 80, faire un choix de carrière était beaucoup moins complexe qu’aujourd’hui : il n’y avait que peu de filières et de métiers d’excellence et seules une ou deux entreprises internationales y étaient attachées. » Un secteur qu’il voit aujourd’hui comme « une des meilleures écoles de la performance et de l’efficacité. » Ce n’est que 12 ans plus tard, poussé par un intérêt réel pour la filière du luxe en passe de devenir l’industrie que nous connaissons aujourd’hui, qu’il franchit le pas et entre chez LVMH où il prendra rapidement la tête de l’activité champagnes. « Je voulais travailler pour une marque globale internationale avec une forte dimension culturelle pour allier artisanat, créativité à l’état pur, rigueur et exigence de gestion. » Il rejoint Tiffany & Co en 2011, d’abord attiré par la puissance mondiale de cette maison et par l’étendue des challenges qui s’ouvraient à lui. « On ne devient pas tous les jours le CEO français d’une boite globale américaine cotée à Wall Street avec un tel potentiel de rayonnement ! » insiste-t-il avec fierté. Il ajoute « Tiffany, ce n’est pas le luxe à l’américaine, c’est l’esprit de New York, l’énergie et la capacité de cette ville polyglotte et multiculturelle à attirer les talents créatifs de tous les continents auprès desquels vivait déjà, au 19è siècle, Charles Lewis Tiffany, fondateur de la marque. »

« Faisons bien ce
que nous sommes
car nous ne pouvons faire bien que cela :
tel est mon credo. »

LES 1001 FACETTES DE LA CRÉATIVITÉ
Un fondateur visionnaire dont l’esprit créatif nourrit encore aujourd’hui la maison et l’ensemble de ses collaborateurs. « Créée pour être un leader du monde du design, elle incarne une vision culturelle et multiculturelle de New York. Obsédée par la capture des sources de créativité de toutes origines, elle a toujours été à la pointe de la collaboration avec les artistes et designers du monde entier et est notamment à l’origine de nombreuses créations, de manières de monter les bijoux et même de noms de pierres : la Tanzanite, la Morganite, la Kunzanite et la Tsavorite. J’espère et je crois qu’on peut ressentir cette énergie et cet esprit de New York dans nos collections », insiste ce CEO fasciné par cette ville où tout semble possible. Et si l’esprit de New York est résolument ancré dans l’ADN de Tiffany & Co, la maison vit aussi depuis toujours une vraie love story avec Paris où son créateur a ouvert son premier bureau de représentation hors USA. Une capitale qui compte aujourd’hui quatre adresses de prestige dont la boutique qui a récemment ouvert ses portes sur les Champs Elysées, « vaisseau amiral de l’enseigne en France. »

LE CEO, UN LEADER À LA CROISÉE DES MONDES
Mais dans cet univers mêlant rigueur et créativité, quelle est la place du leader ? Pour Frédéric Cumenal, il joue un rôle à la fois très complexe… et très simple ! « Tout d’abord, il éclaire : il donne la vision et les stratégies clés mais aussi, si ce n’est surtout, sait simplifier ce qui parait compliqué. Ensuite, il inspire : une entreprise globale ne pouvant réussir sans ses collaborateurs, son dirigeant se doit de leur permettre de cultiver un certain empowerment. Le CEO est également le visage de l’entreprise vis à vis de ses actionnaires, de ses salariés, des marchés financiers et de la presse. Il prend enfin une dimension particulière dans les métiers du luxe où il doit garantir un équilibre subtil entre le maintien de cette création et de cette innovation inscrites dans le code génétique de son entreprise et une gestion rigoureuse et efficace. C’est pour cela que je reste toujours guidé par deux obsessions : le client est au coeur de notre business et nous ne pouvons être performant qu’en étant authentiques. Faisons bien ce que nous sommes car nous ne pouvons faire bien que cela : tel est mon credo », conclut-il.

UN PARTENARIAT D’EXCEPTION AVEC LE WHITNEY MUSEUM OF AMERICAN ART
Partenaire des trois prochaines biennales de ce temple new yorkais de l’art contemporain mondial, Tiffany & Co prouve une fois encore que l’art et la culture sont profondément ancrés dans son ADN. « C’est un fabuleux exemple de la façon dont une entreprise immergée depuis toujours dans la créativité et l’innovation peut faire sens par le biais du mécénat. Cette collaboration avec cette institution dont le code génétique est totalement connecté à la créativité est pour nous un immense privilège de nous inscrire dans une représentation merveilleuse de ce en quoi nous croyons et de ce que, je l’espère, nous sommes. »

EN OUÊTE DE SENS AU TRAVAIL
Quel sens donnez-vous à vos réflexions et actions en tant que dirigeant ?
Je suis particulièrement fier de diriger une entreprise qui a toujours été à l’avant-garde en matière de RSE. Nous essayons de créer les plus belles choses possibles à partir de la terre et de ce qui vient de la nature et il est de notre responsabilité de le faire dans le plus grand respect des humains et de leur environnement. Seule société totalement intégrée en matière de diamant, Tiffany & Co s’assure que les mines réputées avec lesquelles elle travaille en liens directs et étroits aient un impact environnemental minimal et fait de son combat pour la traçabilité de ses pierres un moyen essentiel pour assurer sa responsabilité sociale et environnementale. C’est également une société activiste qui n’hésite pas à s’engager sur des problématiques sociales directement liées à son business. Nous avons par exemple obtenu du gouvernement américain l’abandon d’un projet de mine de diamants à Bristol Bay, un endroit magique à la nature aussi fascinante que fragile situé aux confins de l’Alaska. Nous nous engageons aussi pour le développement social et local près des mines avec lesquelles nous travaillons en Afrique. Nous sommes convaincus que pour qu’un business soit pérenne, le « doing good for business » ne doit jamais être fait au détriment du « doing good for human being ».
Quel sens trouvez-vous à titre personnel en qualité de leader ?
Je travaille avec des gens formidables, issus de cultures, d’expériences et de backgrounds différents : cette variété à l’échelle mondiale est un vrai bonheur pour un dirigeant. Je suis aussi très fier de nos opérations de mécénat avec le monde culturel. Animer un business qui respecte la culture, la nature et qui s’inscrit au profit du développement humain : voilà ce qui m’aide à assumer une fonction qui m’oblige à me lever très tôt le matin et à me coucher très tard le soir.
Quel sens un jeune diplômé peut-il trouver en venant chez Tiffany & Co ?
Il trouvera d’abord la variété de profils et d’emplois caractéristique des grandes sociétés de luxe internationales à dimension globale. Il trouvera aussi de quoi combler sa curiosité du monde et son intérêt pour la culture. Et surtout, il trouvera une société engagée qui donne du sens et du respect aux autres.

CW.

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